INTERVIEW/Gjoss (membre du groupe Rastamen): « L’Afrique est la première puissance mondiale »

Gjoss à l’état civil Josselin Gnekonté, artiste-arrangeur-auteur-compositeur et membre du groupe Rastamen (Top d’or 2005, meilleur groupe reggae de la sous-région), transfuge de l’orchestre de l’université, est de retour avec un nouvel album intitulé « la maison noire » après 8 années passé en Allemagne. Dans cet entretien avec « La Synthèse », Gjoss invite les Africains à être solidaires.

La Synthèse: Vous avez connu le succès avec le groupe Rastamen lors de votre premier album. On ne vous a plus vu sur scène, qu’est-ce qui s’est passé?
Gjoss: J’avoue que c’est l’objet d’une erreur. C’est le piège dans lequel une bonne majorité tombe. J’ai voulu aller en Europe croyant que tout se déculpe laba. Et là, c’était une grosse erreur de penser que je pouvais faire une carrière  »export » sans avoir bouclé le chapitre ici en Côte d’Ivoire. C’est justement à ça que je me suis heurté. N’étant pas trop tard, je reviens sur mes pas pour raviver la flamme. Je ne pouvais plus rester dans ce rêve de croire que je pouvais espérer faire une carrière hors du pays sans avoir été populaire au pays. Normalement, un artiste avec mon expérience que j’ai, sort du pays avec la musique c’est-à-dire pour des festivals… Partir en Europe de façon privée est comme sortir sans grande couverture. Je suis donc de retour au pays et avec mon groupe, nous sommes en train de travailler pour la promotion de notre nouvel album.

Comment présentez-vous l’avenir musical reggae en Côte d’Ivoire?
Gjoss: Il est très radieux puisque sans vouloir mentir, la musique reggae est une musique politique. J’entends beaucoup de faiseurs de reggae qui disent que « moi je dénonce les tares de la société, je ne me mêle pas de la politique », lorsqu’on sait très bien ce que le métier de politique est, on voit bien que cette phrase n’a pas suffisamment de sens. Elle est belle et bien politique et elle a de l’avenir en Côte d’Ivoire là où l’aurore se présente, là où il faut travailler pour que les générations nouvelles prennent l’héritage de l’ancien pour donner un avenir plus uni aux populations et plus uni en matière de paradigme et de progrès.

Quel bilan faites-vous de votre séjour en Allemagne et quels sont vos projets?
Gjoss: Mon projet tourne autour de l’Afrique et par devers l’Afrique, le monde. La musique reggae est universelle et nous sommes très portés sur l’Afrique parce que ce continent représente le monde. C’est de faire connaître au monde les bienfaits de la paix. Aujourd’hui, les leaders mondiaux enseignent la philosophie que l’homme est un loup pour l’homme. Normalement, nous devons inculquer aux enfants que Dieu a créé la terre et s’il a mis plusieurs personnes ici, c’est pour vivre ensemble, c’est parce que tout ce qui existe n’est pas palpable. Comme disait un philosophe Ghanéen, la connaissance est comme un arbre de baobab et qu’un seul homme ne pouvait pas l’entourer avec ses mains, il faut plusieurs personnes pour le faire. C’est cette image que nous voulons véhiculer au monde. L’Afrique a eu plus de valeur quand j’étais en Allemagne. En fait, j’ai compris qu’en réalité l’Afrique était la première puissance mondiale car, tout ce qui fait l’objet de développement de ces puissants pays part de l’Afrique (Les denrées alimentaires, une bonne partie de nos cerveaux, etc).

Quels sont vos rapports avec les autres artistes reggae?
Gjoss: Nous avons des rapports amicaux et de sympathie. J’ai été invité à l’émission de Kadjeem 100 pour cent reggae y a pas longtemps. J’ai également invité tous les artistes reggae à mon concert le 7 septembre au Balafon à la Riviéra-Bonoumin. Cet espace est idéal pour que je fasse chaque mois du live et la publicité de notre deuxième album intitulé « la maison noire ».

Pourquoi votre album est intitulé la « maison noire »?
Gjoss: Je parle de cette grande maison qui contient tout, y compris la lumière même. Je parle de l’univers, j’exprime ici Dieu, l’immensité immesurable c’est-à-dire la hauteur infinie et la profondeur sans fond qui est Dieu par la maison noire. On dit qu’au commencement était Dieu et Dieu créa la lumière sinon avant que la lumière soit créée, il y avait Dieu tout noir. Dans la chanson « la maison noire », je parle du Dieu des noirs et je le fais en tenant compte de l’immensité de Dieu. Il est suffisamment grand pour être en même temps le Dieu d’Israël, pour se révéler en arabe dans l’Islam, il est suffisamment grand pour ressembler à un asiatique avec Bouddha et autres. Pour glorifier Dieu, il faut qu’il soit totalement grand, je viens donc compléter la pièce du puzzle qui est d’ailleurs la pièce essentielle car Dieu a commencé à exister dans la tête du noir.

Comment voyez-vous les élections de 2020, qui pour des observateurs comporteront des risques? Quel message pouvez-vous lancer?
Gjoss: L’Africain a été ainsi conditionné car en période élective, il aura toujours des troubles. Pour moi, les gens doivent commencer à penser autrement. En Europe, quand il y a des élections, les gens n’ont pas peur car ils sont passés à une autre étape. Il faut que l’Afrique atteigne ce niveau. Il faut que les jeunes générations soient unies maintenant autour d’un leader (partis politiques confondus). Il y a une chanson qui dit mes aïeux sont morts pour la défendre et moi je vivrai pour l’aimer. Je serai toujours triste de voir nos leaders diabolisés ou brutalisés, ce sont nos pères. Il faut que l’homme noir soit précieux pour l’Afrique. Il faut que l’Ivoirien soit précieux pour l’ivoirien. En France, quand un Français à des problèmes dans un pays, c’est toute la France qui se déploie, il faut que ce comportement soit en nous aussi. Dans une de mes chansons, je chante les éléphants, pour donner toutes les raisons pour lesquelles il faut être uni. Je présente dans cette chanson l’éléphant avec une défense solide et malgré sa grosse carrure, il ne se bat jamais seul, ces animaux se sont toujours battus en groupe. Je souhaite qu’on imite ce comportement. Il faut absolument que les Africains aiment leur peuple, leur continent comme eux-mêmes et au-delà de ça d’autres peuples pour l’harmonie de Dieu.

Que pensez-vous de l’immigration clandestine?
Gjoss: Les gouvernants africains ont beaucoup à faire. Ils peuvent retenir les jeunes sur le continent africain. Il faut qu’ils mènent des actions pour véritablement aider les jeunes. Ce sont des bras valides que nous laissons partir pour mourir. Des gens vivent dans des asiles en Europe. Ce n’est pas honorable pour l’homme noir. Le reggae est une musique d’éducation, d’actualité et il faut que les parents fassent que leurs enfants s’abreuvent à la source de cette musique. Il faut que la « maison noire » soit jouée dans toutes les maisons.

GMK

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