Côte d’Ivoire : Justice et Société

Des événements déplorables vécus, ces derniers temps en Côte d’Ivoire, ont amené, le mercredi 7 mars 2018, le président de la république, Alassane Ouattara, à monter au créneau pour, non seulement réconforter ses compatriotes mais aussi pour exprimer la fermeté que l’État ivoirien entend opposer à ces actes indignes.

« Mes chers compatriotes, au cours de ces derniers jours, nous avons assisté, avec indignation, à des cas de disparitions, d’enlèvements et d’assassinats d’enfants dans des conditions tragiques. Je présente mes condoléances aux familles endeuillées et je leur apporte toute ma compassion ainsi que celle du Gouvernement et de la Nation. Je condamne avec la plus grande fermeté ces crimes ignobles, perpétrés sur des enfants sans défense. Les enquêtes en cours ont déjà permis l’interpellation des personnes impliquées dans les différents cas d’enlèvement ou d’assassinat. Tous les suspects seront traduits devant la justice et les coupables seront sévèrement punis. J’ai donné des instructions fermes pour que nos forces de défense et de sécurité se déploient en nombre, sur le terrain pour protéger toutes les populations. Je vous invite donc, chers compatriotes, à ne pas céder à la psychose. Nous sommes déterminés à lutter contre ces pratiques inacceptables. Tous les moyens humains et matériels seront déployés pour faire la lumière sur ces événements ignobles, afin d’éviter que cela ne se reproduise. Il ne doit plus jamais y avoir de cas de BOUBA en Côte d’Ivoire », a indiqué, dans son message à la nation, Alassane Ouattara.

Il a évoqué, dans son discours, plusieurs autres sujets importants et capitaux pour la marche de la communauté ivoirienne. Mais que ce soient les affaires liées à l’enlèvement et à l’assassinat des enfants, ou encore à l’incivisme des populations et au racket dans l’administration publique, il faut retenir un élément fondamental : Alassane Ouattara, le chef d’État ivoirien, se rend compte que la justice ivoirienne doit être plus forte pour éviter que des travers inacceptables ne viennent indigner des populations qui reprennent, petit à petit, du poil de la bête.

Franchement, il faut se réjouir de cette posture du numéro Ivoirien, qui devrait, normalement, mettre tous les habitants du pays en confiance. La justice, qui semble se chercher dans cette Côte d’Ivoire convalescence, a besoin, plus que jamais, d’un appareil fort, infaillible et crédible. Dans tous les secteurs de la société ivoirienne, il importe que la justice et les acteurs qui l’animent s’affranchissent de certaines considérations. Bien souvent, les pesanteurs politiques et politiciennes mettent à mal le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire ; et c’est une bonne chose qu’au sommet de l’État, on se rende compte que notre justice est en train de chavirer.

Le discours ferme du chef de l’État, le mercredi dernier, a été salué par plusieurs acteurs de la vie sociopolitique. Il reste maintenant à aller au-delà du verbe, de la parole et des discours. Si cela n’en a pas l’air, c’est un véritable contrat social qu’Alassane Ouattara vient d’établir entre lui et les Ivoiriens.

Il vient, en effet, de toucher à un point névralgique de la société ivoirienne. Désormais, que ce soient les magistrats, les avocats, les auxiliaires de la justice, ainsi que le simple justiciable, tous gagneraient à savoir que la justice, selon le vœu du président Ouattara, doit se mettre au service de la société.

Il faut éviter, à écouter plusieurs diplomates accrédités dans le pays, que la Côte d’Ivoire s’apparente à un no man’s land, un territoire où tout est permis et admis. L’institution judiciaire, en Côte d’Ivoire, est boiteuse. Elle doit rapidement être remise à l’endroit pour que les populations comprennent, une bonne fois pour toutes, qu’elles doivent éviter de se rendre justice et de s’en prendre impunément aux édifices publics et mêmes aux personnes qui incarnent l’autorité de l’État.

« La Côte d’Ivoire est aujourd’hui un modèle pour de nombreux pays. Nous devons préserver cet acquis. C’est pourquoi je veux appeler chacune et chacun de nos concitoyens au respect et à la tolérance. Privilégions le dialogue et ayons recours aux Institutions de la République pour régler nos différends. Nul n’a le droit de se faire justice lui-même. Plus que toute autre chose, j’en appelle au respect de la vie humaine. Car la vie humaine est sacrée ».

Cette profession de foi du chef de l’État, avant de mettre un point final à son discours du 7 mars dernier, doit interpeller les Ivoiriens, mais en premier lieu les gouvernants. Il s’agit, en effet, de relever un défi : celui de faire en sorte que devant la loi, les Ivoiriens soient égaux. De toutes les façons, l’émergence, selon les critères édictés par la Banque mondiale, passe aussi par l’équité juridique et judiciaire.

Par TRA-BI Charles Lambert

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