Rdr : Le congrès de tous les dangers

C’est sûrement le sujet le plus débattu ces derniers jours à la Rue Lépic, où est situé le siège du Rassemblement des républicains (Rdr). Le parti présidentiel, membre du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), prépare, pour les 9 et 10 septembre 2017, son prochain congrès. Pour ce parti créé en 1994, ce congrès sera le 3e du genre et un rendez-vous au cours duquel les décisions qui seront prises seront décisives pour le futur de cette formation politique. En effet, sympathisants, militants et même cadres du parti attendent que de nombreuses questions trouvent des réponses définitives au cours de ce rassemblement capital.

Le pré-congrès éclaté, qui a été présenté comme un symposium de libération de la parole, a permis aux militants d’exposer leurs griefs contre les dirigeants qui ne se préoccuperaient pas de leurs conditions de vie. Ils attendent donc que les engagements qui ont été pris par les cadres, qui ont sillonné le pays lors du pré-congrès éclaté, soient tenus. Les militants du parti à la case taxent leurs responsables d’égoïstes qui gardent par devers eux, les retombées de plusieurs années de lutte. Ces derniers devront donc prouver, au cours des deux jours de congrès, que les adhérents au parti dirigé par Alassane Ouattara comptent à leurs yeux. Cela, analysent plusieurs observateurs, relèvent de la gageure d’autant plus que les militants n’entendent pas se laisser mystifier par des paroles mirobolantes. En outre, ce congrès intervient à un moment particulièrement mouvementé pour le rassemblement des républicains. En fait, le congrès devra trancher des questions cruciales telles que son avenir avec son allié au sein du Rhdp, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), et la crise des cadres qui mine le parti.

Concernant la formation politique dirigée par Aimé Henri Konan Bédié, le parti présidentiel devra se montrer clair. Relativement aux élections présidentielles de 2020, les congressistes voudront que soit réglée, une fois pour toutes, la crise de succession à Alassane Ouattara, alors que le président et les cadres du parti septuagénaire estiment que, dans le cadre du très confus appel de Daoukro, c’est une personnalité issue de leur parti qui devrait être choisie pour représenter la coalition du Rhdp.

Très évasif sur le sujet, Alassane Ouattara, président du Rdr, donnera-t-il une réponse définitive à ses collaborateurs, sur cette affaire qui semble être le socle des relations entre le Pdci et le Rdr ? Le chef de l’Etat franchira-t-il le Rubicon en se portant candidat à sa propre succession, comme le souhaite une frange des militants du Rdr ? Si cela n’est pas le cas, il devra tout de même éclaircir le flou qui ne fait que se densifier entre pro-Soro et pro-Gon Coulibaly, dans l’optique de la présidentielle 2020.

Ce contentieux crucial doit être vidé pour éviter au navire Rdr de tanguer comme un bateau ivre. A ce congrès, la question du secrétariat général doit être tranchée. Intérimaire depuis le départ d’Henriette Diabaté, Amadou Soumahoro sera-t-il confirmé à ce poste stratégique ou alors les congressistes réclameront-ils une autre personnalité pour occuper cette fonction ? Les républicains ont le devoir de trouver une réponse concertée à cette interrogation afin de maintenir l’équilibre du parti.

Les 9 et 10 septembre 2017, le Rdr va ouvrir une page capitale de son existence. Sympathisants, militants et dirigeants sont conscients du caractère périlleux du virage qu’ils vont aborder. Ils sont également conscients que les décisions qui sortiront de ce congrès affaibliront leur parti ou le rendront plus fort.

Par TRA BI Charles

0 Commentaire

Laissez un commantaire

Login

Bienvenue, connectez-vous

Se souvenir Mot de passe perdu ?

Lost Password