CI/ Agrobusiness : l’ affaire de trop

Si l’on peut parler des convulsions qui étreignent en ce moment la Côte d’Ivoire, en termes de turbulences que traverserait le régime Ouattara, il est à souligner que l’affaire abracadabrante des ‘’plantations clé en main’’, désignée sous le vocable d’agrobusiness, ne vient pas mettre un bémol aux difficultés du pouvoir d’Abidjan. Loin s’en faut !
Au contraire, cette bombe sociale, qui ouvre une lucarne dépréciative sur la gestion du pouvoir en place, autant qu’elle reflète la nature des relations entre gouvernés et gouvernants en Côte d’Ivoire, en rajoute aux actuels déboires du régime des houphouétistes. Ce sordide dossier des ‘’plantations clé en main’’, on s’en doute, n’aurait pas fait surface que les dirigeants ne se seraient pas plaints le moindre du monde.
En clair, la débâcle de l’agrobusiness en Côte d’Ivoire apparaît comme l’affaire qui intensifie la grisaille sociale dans laquelle baignent les Ivoiriens, dont le pouvoir d’achat est devenu des plus moroses.

Plus encore, cette autre affaire vient secouer davantage le président de la République Alassane Ouattara et son gouvernement, lequel régime n’a pas encore vraiment récupéré après les mutineries et la grève des fonctionnaires dont la gestion n’a pas été des plus appropriées. Aux petits soins des uns, et usant d’un langage empreint de fermeté adressé aux autres, le pouvoir d’Abidjan a réussi à faire éclore l’antipathie latente au sein de la société, à son encontre, que vient exacerber ce qui est convenu d’appeler ‘’l’Agrogate’’.

Si nombre d’observateurs de l’actualité sociopolitique ne sont pas tendres avec ces souscripteurs d’agrobusiness avides, qui ce sont jetés bras et pieds joints dans ce business aux gains exponentiels, ils ne sont pas moins critiques à l’encontre du gouvernement ivoirien dont la manière de se saisir du dossier s’apparente, pour eux, à une action tardive. Le gouvernement qui, du reste, était en amont de l’avènement de l’agrobusiness en Côte d’Ivoire, n’avait-il pas les moyens, à cette époque, de déceler les failles de cette affaire ?

Les entreprises promotrices des ‘’plantations clés en main’’ étaient-elles soumises à un régime de fiscalité ? Payaient-elles leurs impôts ? En adoptant une attitude laxiste dans la gestion de cette affaire, le gouvernement à contribuer, même s’il s’en défend, à accroître le nombre de souscripteurs et donc à livrer en pâture près de 40 mille Ivoiriens.
Le pouvoir, qui prétend, par ses actions, protéger les souscripteurs de l’agrobusiness, aurait mieux fait d’examiner profondément cette forme d’investissement, en déceler les moindres subtilités, afin d’y mettre fin, ou d’informer judicieusement les Ivoiriens dont la paupérisation croissante en fait des proies faciles pour des aventuriers de tout acabit. La méthode dite de l’usure adoptée par les gouvernants, tout en faisant tomber les souscripteurs, de façon fracassante, de leurs petits nuages de rêves de devenir millionnaires, les a placés dans une situation inconfortable où ils pourraient être nombreux à ne pas se voir rembourser leur investissement.

L’agrobusiness est sans doute l’affaire de trop pour Alassane Ouattara, celle dont il aurait pu faire l’économie, tout comme il aurait pu juguler les dossiers relatifs à la mutinerie des soldats et à la grève sévère des fonctionnaires qui ont, il faut le reconnaître, ébranlé son pouvoir. A l’avenir, il faut espérer que les gouvernants, à coup de franchise et de rigueur, traitent les dossiers avec diligence : condition sine qua none pour ne pas perdre la face et jouer leur rôle régalien de protection de leurs concitoyens qui leurs ont confié la gestion des affaires d’Etat.

Par Charles Lambert TRA-BI

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