La Côte d’Ivoire au rythme des procès

EDITO: Depuis les crises à répétition qu’a connues la Côte d’Ivoire, jamais les Ivoiriens et les autres citoyens du monde n’ont été pris d’une telle frénésie pour la cause ivoirienne. Même la réélection d’Alassane Ouattara, à la tête du pays, à plus de 80% des suffrages, en octobre dernier 2015, n’a suscité autant l’intérêt des Eburnéens. Pour ainsi dire, depuis le jeudi 28 janvier 2016, la conversation la mieux partagée dans les foyers, bureaux, clubs privés, chancelleries, ministères…est celle qui tourne autour du procès en cours à La Haye, aux Pays-Bas, à la Cour pénale internationale (Cpi), impliquant l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo et son « bras droit » (le terme est de la Cpi), Charles Blé Goudé. Réunis à Addis-Abeba, en Ethiopie, dans le cadre de la préparation de la 26e réunion de l’Union africaine (Ua), les ministres des affaires étrangères des différents pays n’ont pu échapper au débat concernant le procès qui se tient à La Haye.

De leurs conversations, en coulisses, on se rend compte qu’ils sont « mélangés » par ce qui se passe à la Cpi, les uns s’offusquant de l’acharnement de cette juridiction contre les dirigeants africains, les autres estimant que le fait, d’avoir ratifié le statut de Rome, met les chefs d’Etat africains devant leurs responsabilités. On le voit, le procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, à La Haye, passionne, intrique et rythme la vie des Ivoiriens, des Africains et du reste du monde. Qu’on soit pour ou contre ces assisses judiciaires internationales, on ne peut point feindre que ce procès est un dossier majeur, un sujet loin d’être superfétatoire.

Ouvert le 25 janvier 2016, devant le tribunal militaire de Côte d’Ivoire, le procès sur l’assassinat du général Robert Guéi, tué aux premières heures du coup d’Etat, mué en rébellion en Côte d’Ivoire, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, n’est pas moins important pour l’opinion nationale et internationale. Robert Guéi, notons-le, a été chef d’Etat ivoirien de décembre 1999 à octobre 2000.

Le procès sur son assassinat, de l’avis de plusieurs observateurs, crispe l’opinion nationale autant qu’il met à l’épreuve la justice ivoirienne, dont la crédibilité est mise en cause à l’international. Elle a donc, avec ce procès, un défi à relever, tout comme elle doit se mettre à la hauteur du mandat d’arrêt international lancé par le tribunal militaire burkinabé, contre le président de l’Assemblée générale de Côte d’Ivoire, Guillaume Kibafory Soro, dans le cadre des enquêtes judiciaires sur le putsch manqué au Burkina Faso, du général Diendéré, en septembre 2015.

Bien que se déroulant chez son voisin de l’hinterland, la Côte d’Ivoire est plus que impliquée dans cette procédure judiciaire visant à déterminer les responsabilités dans ce coup d’Etat, dont le but était de renverser les autorités de la transition de l’époque. Les Ivoiriens sont, malgré eux, au cœur de trois procès aussi bien au niveau national qu’international. S’ils suivent ces différents dossiers avec intérêt, ils sont plus que préoccupés par la situation de leur pays. Ils sont attentifs à l’issue de ces procédures judiciaires, espérant qu’au finish, les différents verdicts apporteront du tonus à cette réconciliation nationale à laquelle toutes les couches sociales, jeunes et vieux, femmes et enfants, aspirent, intimement.

Par Charles Lambert TRA BI

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