Presse ivoirienne : le temps de la réinvention

Le samedi 25 novembre 2015, au Village des technologies et de la biotechnologie (Vitib), à Grand-Bassam, les patrons de la presse nationale, regroupés au sein du Groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire (Gepci), ont tenu leur 4e Congrès ordinaire. Ce fut l’occasion pour ces gens du monde de l’information et de la communication de renouveler les instances dirigeantes de leur organisation. Le directeur du Groupe Le Réveil, éditeur des journaux Le Nouveau Réveil et Vip Mag, Patrice Yao, qui achevait le mandat d’Amédée Assi, démissionnaire, a bénéficié de la confiance de ses pairs, qui l’ont reconduit pour un mandat de trois ans. Une mandature qui lui permettra de mettre en pratique la dizaine de chantiers qui devront, selon lui, donner un nouveau visage au Gepci.

Important à le souligner, il faut dire que les observateurs du monde médiatique en Côte d’Ivoire ont salué ce passage en douceur, d’autant plus qu’en prélude à ce congrès, des paroles antagonistes ont été entendues. C’est une victoire que la presse nationale a remportée avec l’élection consensuelle de Patrice Yao. Il est de coutume, en effet, de voir des organisations professionnelles du secteur se disloquer au sortir de congrès ou autres assemblées générales devant déboucher à l’élection d’un nouveau président. Tous les acteurs des médias, les patrons en premiers, ne devraient donc pas se gêner de s’enorgueillir de ce passage en douceur qui peut être interprété comme la consolidation de la maturité dans le milieu de la presse en Côte d’Ivoire. Ce bon point ne doit pas, pour autant, cacher les défis que tous les professionnels de l’information et de la communication doivent relever.

D’ailleurs, tous les intervenants à ce conclave ont touché cet aspect, soulignant que les différentes catégories du secteur gagneraient à être plus solidaires pour affronter les difficultés. « Nous nous en sortirons ensemble, ou nous périrons ensemble », a, à cette occasion, reconnu un responsable syndical du milieu de la presse. Mais il faut le reconnaître, à ce 4e Congrès du Gepci, au-delà de la ferveur électorale, l’une des questions cruciales a été celle de l’avenir de la corporation. Lors de la conférence inaugurale prononcée par Samba Koné, l’on a pu se rendre compte du degré du sinistre qui guette la presse écrite dont sont issus la plupart des membres du Gepci. Les patrons, managers des entreprises de presse, ont été mis devant leurs responsabilités.

Le conférencier, au fait de son sujet qui portait sur le thème, « Quel écosystème pour la viabilité de la presse », n’a point usé de la gueule de bois. Il a planté le décor, fait des recommandations et donner des pistes de réflexion pour solutionner l’océan de problèmes qui noie les entreprises de presse et les maisons d’édition. On ne peut plus se voiler la face, il est impossible de faire du journalisme comme si on était encore au 19e siècle. Pour la presse ivoirienne  , le temps n’a pas seulement que changer, il est devenu brumeux. Cela implique que toutes les intelligences du secteur fonctionnent en synergie pour que la barque ne coule pas.

Il faut réinventer le journalisme, l’information n’étant plus, à l’heure des Tic, l’apanage des journalistes. Internautes, blogueurs et tous les visiteurs des réseaux sociaux mènent, c’est le cas de le dire, la vie dure aux entreprises de presse. Réinventer le métier de journaliste, cela relève de la gageure mais ce n’est pas un défi insurmontable. Il faut se réjouir que les patrons de presse aient basé leur congrès sur l’avenir de la corporation. Il est maintenant temps de sortir de ce classicisme qui faisait de l’offre éditoriale, l’aspect clé de l’écosystème des médias.

Désormais, les acteurs du secteur doivent être positivement agressifs, en développement d’autres secteurs attractifs. Il faut réinventer le journalisme, lui donner un nouveau contenu. Patrons de presse, journalistes y sont condamner, s’ils ne veulent pas disparaître.

 

Par Charles Lambert TRA-BI

 

0 Commentaire

Laissez un commantaire

Login

Bienvenue, connectez-vous

Se souvenir Mot de passe perdu ?

Lost Password