Politique/ Guillaume Soro : le temps des regrets

On est bien loin de la ferveur qu’a suscitée le retour en Côte d’Ivoire, après plusieurs mois passés en Europe et en Russie, de Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale. Le dimanche 22 octobre 2017, ses partisans ont, en effet, pris d’assaut l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Port-Bouët, pour réserver un accueil chaleureux et historique à leur champion.

A son arrivée et depuis le pavillon d’honneur de l’aéroport, Guillaume Soro s’est présenté comme un pacifiste, avant de lancé un appel à l’apaisement du front politique ivoirien. « Je suis revenu pour prendre  toute ma place dans le jeu politique pour contribuer  du mieux que je peux à l’apaisement, contribuer à travailler à la réconciliation et à la paix civile », avait lancé le député de Ferkessédougou.

Mais là où la presse et l’opinion nationale et internationale l’attendaient le plus, c’était sur les spéculations concernant les relations jugées acrimonieuses entre Alassane Ouattara, le chef de l’Etat et lui, depuis les mutineries qui ont éclaté en début d’année, mais bien plus depuis qu’on lui prête l’ambition de vouloir accéder à la tête de l’Etat au cours de la prochaine élection présidentielle, prévue en 2020. Evidemment, le chef du parlement a réfuté ces allégations, mettant en avant l’excellence de ses rapports avec le chef de l’Exécutif ivoirien. « Mes relations avec le président de la République, je peux vous assurer qu’elles sont bonnes (…) Dans les prochains jours, avec beaucoup d’humilité, j’irai voir le président de la République pour parler avec lui ».

Depuis lors, Guillaume Soro a rencontré Alassane Ouattara, le vendredi 3 novembre 2017, dans l’après-midi, après que leurs collaborateurs respectifs eurent minutieusement préparé l’audience entre les deux hommes. A observer la situation, il paraît tout de même intrigant que la 3e personnalité du pays ait besoin de tant de salamalecs pour rencontrer le président de la république. On aurait même cru à un forcing de la part du président de l’Assemblée nationale.

Tout compte fait, il semble que Soro se soit plié en quatre pour faire allégeance à Ouattara, avant de courir auprès d’Henri Konan Bédié qui a fait de lui son « protégé ». Si, pour l’ex-chef de la rébellion, c’est une stratégie politique que de tenter ce rapprochement entre Ouattara et lui, par ricochet entre le Rassemblement des républicains (Rdr) – le parti présidentiel dont il est l’un des cadres –  et lui, il est évident que Guillaume Soro, qui court actuellement  dans tous les sens et qui a sursis à ses sermons et prêches allégoriques des vendredis et dimanches, est coincé. Et c’est sans doute l’heure des regrets ! Certainement pas le regret d’avoir eu des ambitions, mais celui de s’être dévoilé trop tôt et de n’avoir pas attendu le moment propice pour frapper. Peut-être aussi d’avoir été la cause de la déchéance de certains de ses proches qui ont perdu des postes juteux dans l’administration publique ou qui croupissent en prison comme Kamaraté Souleymane alias Soul To Soul, son directeur du protocole.

Quid des mouvements satellitaires qui gravitent autour du chef du parlement pour lui donner de l’entrain à continuer la longue et périlleuse marche vers le palais présidentiel ? Pour sûr, ils vont baisser d’ardeur, la plupart étant déroutés par l’actuelle posture politique de leur leader. Dans tous les cas, que la démarche d’apaisement de Guillaume Soro soit sincère ou simulée, les derniers événements dans lesquels il a été impliqué ont brisé le ressort de la confiance au Rdr et dans le giron présidentiel. Désormais, le mot d’ordre semble être de le surveiller comme du lait sur le feu

 

Par Charles Lambert TRA-BI

 

 

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