Côte d’Ivoire: Vague de contestations électorales

Le 13 octobre 2018, les Ivoiriennes et les Ivoiriens étaient appelés aux urnes.  Ils étaient invités à choisir, pour les cinq années à venir, les conseillers municipaux et régionaux qui devront administrer leurs communes et leurs conseils régionaux. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, en passant par le centre du pays, les populations ont accompli, selon la formule consacrée, leur devoir de citoyen. Alors qu’on attendait, pour ces élections locales, des résultats qui ne devraient pas excéder les 48 heures, l’on a constaté que cette opération a été la mer à boire pour l’organisatrice en chef de ces échéances électorales.

La Commission électorale indépendante (CEI), puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a dû passer par la croix et la bannière pour dévoiler les noms des candidats qui sont sortis vainqueurs de cette joute électorale. L’on avait alors cru qu’une étape était franchie en ce qui concerne ces élections locales qui sont considérées comme un test démocratique avant la présidentielle déterminante qui interviendra en 2020. Que non! Ce tableau mirobolant a été entaché par un coup de pinceau de la CEI qui a terni la toile.

En effet, l’institution en charge des élections en Côte d’Ivoire a fait face à une vague de contestations qui mérite qu’on y réfléchisse sérieusement. Pour nombre d’observateurs, cet organisme a montré une sorte de dépendance qui a engendré la situation postélectorale floue que les Ivoiriennes et les Ivoiriens vivent actuellement. Dans bien de communes et régions, ils sont nombreux à avoir gagné et à s’être fait voler leur victoire par la faute de la CEI qui, selon eux, était à la solde de leurs adversaires.

La Commission électorale indépendante, pour bien de candidats malheureux aux municipales et régionales couplées du 13  octobre 2018, est la source de tous leurs déboires. Celle-là n’aurait pas été capable d’organiser des élections propres et sans bavures, comme le disent les Ivoiriens. Sans posture idéologique, ni parti pris, nombre d’électeurs conçoivent qu’il est inadmissible que, pour des élections locales, censées booster le développement des communes et des régions, on arrive à ce que nous constatons présentement.

C’est-à-dire qu’on n’arrive pas à s’entendre sur ce qui devrait être profitable aux populations vivant aussi bien en milieu rural qu’urbain : le développement. Mais d’un autre côté, il serait judicieux de mener une réflexion profonde sur ces contestations tous azimuts qui ont émaillé ce scrutin. Qu’ils soient avérés ou pas, tous ces recours qui jonchent les bureaux des magistrats de la chambre administrative de la Cour Suprême, nous parlent. Parlent à la classe politique, aux gouvernants, à la société civile et aux populations dans leur entièreté.

Comment sommes-nous parvenus à occasionner des morts- 5 selon le gouvernement- et cette vague de contestations pour des élections municipales et régionales qui auraient pu se dérouler, selon plusieurs analystes, sans incidents majeurs  ?

Ne nous voilons pas la face, la Commission électorale indépendante, présidée par Youssouf Bakayoko, mérite d’être profondément réformée. La prochaine présidentielle de 2020 point à l’horizon.

Charles L. TRA-BI

 

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