Côte d’Ivoire / Parti unifié : le plus dur commence

Les partis politiques, membres du Rassemblement des houphouétistes pour démocratie et la paix (Rhdp), dont la vision et la volonté exprimées, disent-ils, sont de se fondre dans un grand parti unifié, ont entamé la marche pour l’atteinte de ce projet.

En effet, au sortir d’une rencontre avec celui que les Ivoiriens appellent affectueusement le cogestionnaire du pays, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), Aimé Henri Konan Bédié, le chef de l’État Alassane Ouatara avait annoncé, en octobre dernier, à Abidjan, la mise en place d’un Comité de haut niveau chargé de travailler sur le manifeste et les règlements du futur parti unifié des houphouëtistes.

«Mon aîné et moi, sommes sûrs que le pays est en de bonnes mains », s’était réjoui M. Ouattara. Près de deux mois après cette annonce, le Rhdp a marqué un nouveau pas dans la réalisation de ce vœu qu’ils disent leur tenir à cœur. En fait, le lundi 4 décembre 2017, au siège du Pdci dans la commune chic de Cocody, le « commando » du Rhdp qui sera chargé de mettre en place le parti unifié, a fait sa sortie officielle.

Au regard de ce comité dit de haut niveau, il est certain que le travail ne fait que commencer quant à l’accouchement de cette formation politique dont la mère, représentée par les partis houphouétistes, est en gésine. D’abord, la constitution de cette équipe de choc : elle est handicapée – même si on reconnaît que le Mfa est un poids léger – car elle ne contient aucun membre du parti de Moutayé dont une dissidence conteste la présidence.

La lecture est que chez les promoteurs de l’idéologie politique d’Houphouët-Boigny, tant que le Pdci ou le Rdr n’est pas enrhumé, tout va bien dans le meilleur des mondes. L’épisode du choix des candidatures pour les législatives dernières, pour le compte des candidats Rhdp, qui a vu la radiation pure et simple des « rebelles » Mabri et Gnamien, demeure l’un des exemples les plus illustratifs de cette assertion. Il n’est donc pas exclu que ce scénario ne se reproduise si l’un des partis considérés comme faibles de cette coalition en venait à contester des décisions au sein du comité de haut niveau.  Ensuite, le timing. S’il est peu probable que ce parti unifié intervienne avant la cruciale présidentielle de 2020, il est aussi improbable que cela se fasse après cette échéance électorale. A deux années de cette joute, les ambitions fusent. Des présidents de partis membres de ce « consortium » ne cachent pas leur extrême envie de briguer la magistrature suprême.

Par ailleurs, des cadres sont presque dans le starting-block de cette course qui mène au palais présidentielle du Plateau. C’est le cas de Jean-Louis Billon, porte-parole adjoint du Pdci qui, dans une interview publiée sur son compte twitter, fait tanguer l’opinion dans cette direction. « Je compte faire partie de l’équipe qui, en 2020, compte faire évoluer la Côte d’Ivoire », a-t-il écrit, se convaincant que « c’est une autre génération qui va arriver au pouvoir ». Des propos allusifs qui ne sont pas faits pour garantir la sérénité du comité de haut niveau dont la mission est la mise en place du parti unifié. Si donc cette formation ne peut être créée ni avant, ni après 2020, quand elle le sera ? La question mérite d’être posée.
Enfin, le cas Soro.

Nommé vice-président du Rdr, dans le dernier organigramme du parti présidentiel, l’on s’attendait à le voir prendre une part active dans ce comité de haut niveau du Rhdp, au même titre les autres vice-présidents de son parti. Or, le lundi 4 décembre dernier, son nom ne figurait aucunement sur la liste des membres de ce commando. L’opinion s’était forgée à l’idée que sa présence dans le comité aurait une incidence positive sur ses relations avec son propre parti où il est surveillé comme du lait sur le feu.

En outre, sa nomination pourrait servir à l’amener à accepter son heure dans le cadre de la course à la présidentielle, le parti unifié devenant un supra décideur. D’autres questions peuvent expliquer la difficulté du Rhdp à mettre en place le parti unifié. Mais il pourrait y arriver en faisant montre d’une volonté tenace, ainsi qu’en démontrant à ses militants et aux Ivoiriens, que toutes ces actions posées ne sont pas de la poudre aux yeux.

Par TRA-BI Charles Lambert

 

0 Commentaire

Laissez un commantaire

Login

Bienvenue, connectez-vous

Se souvenir Mot de passe perdu ?

Lost Password