Côte d’Ivoire: L’après Election sénatoriale

Historique! Pourrait-on qualifier les élections sénatoriales intervenues, pour la première fois, en Côte d’Ivoire, le samedi 24 mars 2018. Instauré par le bon vouloir d’Alassane Ouattara, le président ivoirien, à l’origine de la 3e République, le Sénat assure la représentation des collectivités territoriales et des Ivoiriens établis hors de Côte d’Ivoire.

Donc en bon peuple civilisé que sont les Ivoiriens, ils ne sauraient se priver de souhaiter la Bienvenue aux premiers Sénateurs ivoiriens. Ils ne sauraient non plus se garder de relever le caractère spécifique de cette institution qui s’installe dans leurs vies, il faut le dire, de façon quelque peu brutale. En effet, comme le stipulent ses textes fondateurs, deux tiers des membres de cette chambre sont élus au suffrage universel indirect. Un tiers étant désigné par le président parmi les Ivoiriens reconnus pour leur expertise et compétence dans les domaines politique, administratif, économique, scientifique, culturel, sportif, professionnel et social, pour un mandat de 5 ans.

Le premier Sénat ivoirien, notons-le, n’est pas né d’un « accouchement » qu’on qualifierait de paisible. En effet, cette chambre parlementaire a été, depuis l’annonce de sa mise en place par le gouvernement, la pomme de discorde entre l’exécutif, l’opposition et une partie de la société civile. Les deux dernières entités citées l’estimant tantôt budgétivore, la présentant tantôt comme un recul démocratique, voire même inutile à la Côte d’Ivoire dans l’état actuel où elle se trouve.

Le 22 mars 2018, pour protester contre la création du Sénat, la marche de l’opposition a été dispersée par un dispositif impressionnant de la police. Les Ivoiriens et la communauté internationale se sont donc rendus compte que l’étape des invectives a été franchie, laissant la place à une répression qui signifie que le rouleau compresseur des sénatoriales en Côte d’Ivoire ne pouvait être contrarié.
Les arrestations intervenues au sein de la classe politique opposée à cette institution nouvelle montrent bien que l’on devrait s’interroger profondément sur l’avènement de la seconde chambre du Parlement ivoirien. Après ce qu’il a été donné de voir avant sa constitution, les Ivoiriens sont en droit de se poser des questions sur l’après élections des sénateurs ; et cela au moins sur deux plans. D’abord, bien qu’élus et nommés, l’on se demande concrètement ce que vont apporter les sénateurs à la population, en termes de stabilité politique, de sécurité sanitaire et alimentaire, de progrès et de croissance économiques.

Les sénateurs pourront-ils aider, par exemple, à stabiliser les cours des matières premières ivoiriennes qui ne font que péricliter à chacune des campagnes agricoles ? Pourront-ils agir de sorte à ce que l’école ivoirienne qui se cherche depuis des décennies, revivre la quiétude qui était la sienne et qui lui a permis de former des cadres d’une compétence avérée ? Si les Ivoiriennes et les Ivoiriens ont fait leurs civilités aux nouveaux et premiers sénateurs de leur pays, en leur disant Akwaba, ils sont en droit, comme on le fait chez nous, de leur demander les nouvelles dues à leurs fonctions. La batterie de questions que pourraient leur poser leurs concitoyens ne devraient donc pas les irriter mais au contraire les aider à assumer leurs charges sénatoriales.

Ensuite, les interrogations des Ivoiriens sont focalisées, au regard de la violence constatée avant les Sénatoriales, sur la suite de ce qu’ils vivront lors des municipales et des régionales, prévues elles aussi en 2018, et qui incontestablement sont des élections plus populaires. Quand on voit le manichéisme qui s’installe présentement, au sein de la classe politique ivoirienne, avec d’un côté une opposition qui dit ne pas avoir baissé les bras sur des points comme la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei), et de l’autre le gouvernement qui semble déterminé à exécuter jusqu’au bout son programme électorale, il y a de quoi ne pas être serein.

Pour bien d’observateurs, il importe aux gouvernants de prendre des mesures pour ne pas que l’après sénatoriales soit cauchemardesque pour les populations. Il convient donc de répondre, pour le bien de tous, à cette question fondamentale : Les élections sénatoriales… et après ?

Par Charles Lambert TRA-BI

 

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