C.I. : Ouattara, Soro et cache d’armes

« En ce qui concerne l’enquête qui va être diligentée, j’y suis entièrement favorable. J’ai vigoureusement demandé à mon collaborateur de se mettre à la disposition des enquêteurs, et je lui ai demandé de dire sur l’honneur et sa conscience ce qu’il sait, pour contribuer à aider les enquêteurs à conclure ce dossier. Et tous ceux qui sont concernés, chacun assumera sa responsabilité ».
Ces propos sont de Guillaume Soro, tenus le 18 mai 2017, alors que l’actualité politique était animée par la découverte d’une cache d’armes, à Bouaké, au domicile de son directeur du protocole, Kamaraté Souleymane, alias Soul To Soul, en plein mutinerie des 8400 soldats.

Depuis, Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, est en pérégrination dans des pays d’Europe-il rentre en Côte d’Ivoire ce samedi 21 octobre 2017- et son directeur du protocole a été écroué à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), d’où il attend le procès intenté contre lui, dans cette affaire, par le procureur de la république. Les pro-Soro n’ont pas mis du temps à réagir à cette arrestation de Soul To Soul, mettant, consciemment ou inconsciemment, à nu une collusion entre le parti présidentiel et les ex-Forces nouvelles.
« C’est un procès entièrement politique. Il y a diverses caches d’armes en Côte d’Ivoire, ce n’est pas une révélation. Tout le monde sait que dans la conduite de l’offensive de 2011, pour contraindre le président Laurent Gbagbo à céder le pouvoir, diverses stratégies ont été mises en place dont une qui a consisté à disséminer des caches d’armes un peu partout. Ce n’est un secret pour personne, et Soul To Soul a dit dans sa déclaration au procureur qu’il n’est pas le propriétaire de ces armes, il ne les a pas acquises, il ne les a pas gérées », avait réagi Touré Moussa, conseiller à la communication du président de l’Assemblée nationale. Ces déclarations, celle de Guillaume Soro et de ces collaborateurs posent une question de logique et de responsabilité.

Comme la définit le Robert, la responsabilité est le devoir de répondre de ses actes, toutes circonstances et conséquences comprises, c’est-à-dire d’en assumer l’énonciation, l’effectuation, et par la suite la réparation voire la sanction lorsque l’attendu n’est pas obtenu. C’est clair qu’à l’aune du projet commun de faire quitter Laurent Gbagbo du pouvoir, à l’issue des élections présidentielles de 2010, et à suivre les propos de Soul To Soul, toutes les parties prenantes dans cette affaire de cache d’armes devraient, en toutes circonstances et conséquences comprises, assumer le revers de la découverte des armes chez le collaborateur de Guillaume Soro.

L’action judiciaire intentée contre Soul To Soul ouvre une boîte de Pandore. Et le procès qui en est consécutif, selon le camp Soro, sera l’occasion d’un grand déballage. On devrait donc savoir, entre les alliés d’hier, ce qui n’a pas marché aujourd’hui. Si tant est vrai que tous étaient au parfum de ces armes « disséminées un peu partout en Côte d’Ivoire », selon le mot de Touré Moussa, pourquoi le régime s’acharnerait-il sur son allié, au point de chercher à le déstabiliser ? C’est bien ici qu’intervient la logique. Cette matière transversale qui est à l’origine de la recherche de règles générales et formelles permettant de distinguer un raisonnement concluant de celui qui ne l’est pas. Il paraît donc illogique que des personnes qui ont monté ensemble un projet martial, il y a six ans, en viennent à se regarder en chiens de Faïence.

L’horizon 2020, qui sonnera la succession d’Alassane Ouattara, est, sans doute, une raison de ce cas de figure. Le chef de l’État, on pourrait le penser, à céder à la pression des barons de son parti qui voient d’un mauvais œil la volonté du député de Ferkessédougou de briguer la magistrature suprême au moment où Ado devra rendre le tablier présidentiel.

Tous les moyens sont donc bons pour faire barrage à ce grand ambitieux qui entend brûler la politesse à ses aînés. D’un autre côté, il est possible que bien qu’au fait de l’existence des caches d’armes, le pouvoir ne soit pas certain de l’usage que les pro-Soro comptent en faire. N’avaient-ils pas l’intention de faire, de cette force de frappe, un outil de dissuasion et de pression pour faire fléchir les républicains, à l’heure de la prise de décision cruciale? Entre Ouattara et Soro, cette question de cache d’armes doit impérativement être tirée au clair, pour que les Ivoiriens, les communautés étrangères et les investisseurs soient rassurés.

Par Charles Lambert TRA BI

 

0 Commentaire

Laissez un commantaire

Login

Bienvenue, connectez-vous

Se souvenir Mot de passe perdu ?

Lost Password