C.I.: L’énigme Ouattara

La feinte du président Alassane Ouattara à ses collaborateurs, aux militants du Rassemblements des républicains (Rdr) ainsi qu’à l’opinion nationale et internationale, les 9 et 10 septembre 2017, lors du 3e congrès du parti présidentiel, alimente encore les débats. Le chef de l’État, devenu, à l’issue de ce forum, président d’honneur du Rdr, s’est montré, c’est le cas de le dire, un chantre de la question du genre.

Il a confié la présidence du Rdr à Henriette Dagri Diabaté, grand chancelière et figure emblématique du parti. La bouillante ministre de l’Education nationale, Kandia Camara, a été désignée secrétaire générale du parti, après les six ans d’intérim du non moins laudateur Amadou Soumahoro. Depuis ce conclave du parti présidentiel, les supputations vont bon train. De fait, Alassane Ouattara a ignoré Guillaume Soro et ses proches qui ont boycotté le congrès du parti à la case. Il a renvoyé dos-à-dos les camps Bictogo et Soumahoro, lesquels, par presses interposées, déclaraient leur volonté de prendre ( pour le premier cité) ou de reprendre (pour le second), le secrétariat général du Rdr. Ouattara a même dribblé responsables, militants et sympathisants de sa formation politique qui rêvaient de le voir demeurer officiellement à la tête du Rdr. Disons-le tout net, le chef de l’Etat a marqué un coup, mauvais ou bon selon où se situe, en prenant toutes ces décisions. A-t-il consulté ses collaborateurs avant de décider? Rien n’est moins sûr. Pour bien d’observateurs, cette posture du président Ouattara recèle une énigme. Du reste, toutes les analyses ont partie liée à la présidentielle de 2020.

Alors qu’une nouvelle constitution, mère de la 3e république de Côte d’Ivoire, permet au président ivoirien d’être, à la fois chef de parti et de l’État, Ouattara a décidé de quitter la tête de son parti, du moins officiellement. En agissant ainsi, le chef historique du Rdr coupe des têtes et de l’herbe sous les pieds de certains, non sans remettre au goût du jour l’épineuse question de sa candidature en 2020. Relativement à la limitation d’âge pour présidentielle, clause contenue dans la nouvelle constitution, rien ne dit que le chef de l’Etat actuel ne voudra pas rempiler. Qui ne voudrait pas être aux affaires alors que seront inaugurés de gros œuvres dont le métro d’Abidjan, la baie de Cocody, le 4e pont…Assurément, Alassane Ouattara veut jouer avec les nerfs de ses proches et collaborateurs, de ses alliés, de son opposition ainsi que de l’opinion nationale et internationale.

Trois années avant l’échéance de 2020, et déjà le locataire du palais de la présidence du Plateau donne un aperçu de ce que seront ces élections. D’aucuns pensent que Ouattara a été un fin stratège en abattant cette carte, d’autres dénoncent une chausse-trappe qui ne serait pas franche, démocratiquement parlant. Toujours est-il que sa décision de ne pas être reconduit à la tête du Rdr aura des conséquences sur l’évolution de ce parti, miné par des frustrations après la tenue du congrès. En définitive, Alassane Ouattara a jeté tous les potentiels postulants à la présidentielle 2020 en pâture. Tous doivent démener l’écheveau que le chef de l’État leur impose. L’énigme que pose Alassane Ouattara, conçoivent des analystes, sera connue à l’orée de 2020.

Par Charles TRA-BI

 

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